Une définition de l’OpenGov et du Gov 2.0.
Un changement dans la relation entre les citoyens et leur gouvernement
La plupart des citoyens ont une relation très limitée avec leur gouvernement. Nous avons tendance à voir le gouvernement comme un corps amorphe qui collecte nos poubelles, gère les hôpitaux et les écoles, et collecte nos impôts. Les politiques ont eux très mauvaise réputation et nous avons tendance à les croire à la fois stupides et fin stratèges.
Pia
Waugh a commencé à travailler comme conseiller du sénateur australien
Kate Lundy en avril 2009. Dans le même temps, elle a codéveloppé la
méthodologie « Public Sphere » avec la sénatrice Lundy et a reçu pour
cela plusieurs prix internationaux. Elle est un membre actif de la
communauté Gov 2.0 et a lancé le premier GovCamp a Canberra. Elle a
travaillé activement au soutien et à l’évangélisation de l’open
government dans toute l’Australie.[Wikipedia]
La généralisation de l’usage d’internet a rapproché les citoyens de leurs gouvernements ce qui a rendu ces dernier (intentionnellement ou pas) plus transparents et dans la position de devoir rendre des comptes à leurs citoyens.
Les gouvernements sont désormais plus perçus comme des outils au service des citoyens, c’est pourquoi, en tant que citoyens, nous devons participer au gouvernement.
Les citoyens ont plus de pouvoir que jamais. Ils peuvent rechercher des information, les commenter publiquement, s’organiser en groupes d’intérêts et de défense, recouper les faits, rappeler les promesses qui leur ont été faites, développer de nouvelles façons de faire et bien d’autres choses encore. La démarquation entre gouvernement et citoyens est devenue floue. Nous commençons à accepter l’idée que les individus qui travaillent dans les gouvernements sont eux-mêmes des citoyens.
Les citoyens ont beaucoup à apporter à la politique gouvernementale, à sa vision et à sa mise en place, et les gouvernements commencent à le comprendre et en saisir l’opportunité.
En utilisant les technologies dont nous disposons, l’Internet en 1er lieu, le Gouvernement 2.0 est sur le point de redéfinir la prochaine ère de démocratie, en collaboration avec les citoyens. Un gouvernement qui serait plus transparent, plus engagé, plus responsable, plus participatif et plus réactif, pour servir les besoins des citoyens.
Open gouvernement – le gouvernement transparent – et Gouvernement 2.0 sont souvent utilisés comme synonymes, pourtant la transparence est utilisée depuis de nombreuses années pour justifier, par exemple, les lois sur la Liberté d’Information (FoI) ou la transparence dans le processus législatif, tandis que le Gouvernement 2.0 est une approche qui cherche à voir comment utiliser les technologies et la communication pour rendre les gouvernements plus ouverts, plus impliqués, plus pertinents, et – in fine – fait par les citoyens
Il y a une vision très claire du sommet, pas seulement aux USA et en Angleterre, mais dans beaucoup d’autres pays, qu’il est temps désormais pour les gouvernements de se réinventer, d’amener à un autre niveau l’idée du gouvernement ‘pour le peuple et par le peuple’ – Tim O’Reilly
Open data
L’Open data consiste à rassembler la vaste majorité des jeux de
données et d’informations publiques non sensibles et les mettre en ligne
de la façon la plus réutilisable possible. Pour le côté pratique, afin
que l’information soit la plus pertinente possible (à la fois pour que
le public mais également pour que les autres services gouvernementaux
puissent l’utiliser), elle doit avoir un copyright permissif (tel que
Creative Commons BY), qu’elle soit reexploitable par un traitement
informatique, datée, disponible dans un format ouvert, avoir des
méta-données utiles, et si possible avoir une bonne géolocalisation
quand cela s’avère pertinent.
Ce dernier point concernant la géolocalisation est crucial pour
rendre les données interactives et adaptées aux besoins des citoyens,
ainsi que pour agréger et cartographier l’information pertinente.

Réaliser l’open data est un processus difficile. Trois étapes clé sont nécessaires, chacune avec ses propres défis :
La mise en ligne. Cette étape est celle où une
organisation essaie juste de mettre en ligne ce qu’elle peut. Souvent la
licence pour la donnée n’est pas parfaitement claire, le format est
celui utilisé par l’organisation (qui peut ou pas être utile à
d’autres), les données peuvent être légèrement périmées et il n’est pas
toujours très clair de trouver un contact qui leur est associé pour
s’assurer d’un suivi. Cette étape est pourtant extrêmement importante et
il faut l’encourager car c’est par là que toute organisation doit
commencer. Elle est également importante car pour réaliser un programme
d’open data de qualité, des changements majeurs doivent souvent être mis
en place, au niveau des systèmes, des flux, des techniques et de la
culture organisationnelle. L’accès à des données imparfaites dans un
délai court est de loin une meilleure alternative que d’attendre la
perfection.
Des données de grande qualité. Il s’agit de l’étape
au cours de laquelle les problèmes autour de la qualité des données
publiées ont été débatus, et c’est alors qu’une organisation peut
commencer à publier des données de qualité. C’est ici que les systèmes,
les cultures, les procédures et les technologies en oeuvre au sein de
l’organisation concourent à une libération des données plus aisée, tout
en facilitant le paramétrage ad hoc pour les données sécurisées (telles
que les données ayant trait à la vie privée ou la sécurité). Cette étape
demande beaucoup de travail, mais réduit les coûts de la donnée publiée
ce qui, entre autre, garantit une politique d’accès aux données
publiques à faible coût.
Des données collaboratives. Cette étape finale de
l’open data arrive quand une organisation peut mettre en place des
moyens pour intégrer et vérifier les données venues du public, afin
d’améliorer les jeux de données, d’en enregistrer le contexte historique
et culturel, et de garder l’information à jour. C’est aussi une étape
difficile, mais c’est seulement là où les organisations gouvernementales
auront réussi à impliquer le public que l’on verra apparaitre de
meilleurs jeux de données et surgir la plus grande innovation.
Il est également important de considérer les vastes ramifications de
l’open data. On peut citer à de nombreux cas encourageant pour l’Open
data, tels que la transparence ou l’innovation, ou une forte implication
du public. Mais il peut néanmoins y avoir des conséquences négatives
imprévues, comme par exemple le cas ou la configuration océanique de
l’océan bordant l’Australie a été rendu public et que suite à cela, en
un laps de temps très court, une espèce de poisson a presque été amenée à
l’extinction par les pêcheurs, qui ont utilisé ces données pour
plannifier leur saison de pêche.
Ce n’est pas une raison cependant pour ne pas poursuivre la
transparence des données, mais plutôt un rappel afin de toujours
considérer cela de manière critique et réfléchie.

Data visualisation
De nos jours, je ne peux qu’insister sur l’importance de la
visualisation des données. En tant que technicien, j’étais quelque peu
cynique quant à la valeur de la visualisation des données. Cela semblait
être une perte de temps lorsque vous pouvez vous contenter de lire les
données. Mais utiliser des outils de visualisation de la donnée apporte
deux bénéfices essentiels :
Un discours public éclairé – la plupart des gens sont occupés.
Occupés par leur travail, leur vie personnelle, leurs loisirs. Attendre
d’eux qu’ils prennent le temps de comprendre réellement des problèmes
complexes est non seulement irréaliste, mais déraisonnable. Présenter
une donnée visuellement est la bonne voie pour réduire les difficultés
de compréhension et ainsi encourager un débat public éclairé. Les gens
comprendront en un instant la donnée présentée dans une visualisation
bien construite, tandis que glaner la même information dans des feuilles
et des tableurs prend beaucoup plus de temps.
Construction de la politique et simulation – Les outils de
visualisations de données interactifs tels que SpatialKey, Tableau ou
l’un des nombreux outils libres et Open Source disponibles créent un
nouveau moyen de s’engager et de récolter de nouvelles connaissances à
partir des données. En étant capable de regrouper differentes jeux de
données entre eux au sein d’un espace unique, il devient possible
d’explorer, de tester et d’expérimenter, afin de déterminer l’efficacité
d’une politique à atteindre ses objectifs.

Des services centrés sur les citoyens
Les services centrés sur les citoyens ont pour but de mettre au
premier plan l’expérience utilisateurs afin de créer un service unique
et personnalisé pour chaque citoyen. Ils sont préférable pour ces
derniers car ils rend leur expérience du service meilleure et plus
transparente. C’est également préférable pour les gouvernements qui
pourront servir plus efficacement les besoins des citoyens, améliorant
ainsi la perception par les citoyens de leur gouvernement. Les services
centrés sur les citoyens nécessitent des données de qualité ainsi que
des métadonnées, et en particulier des données de géolocalisation
précises, qui sont un moyen extrêmement efficace de personnaliser les
services gouvernementaux, les informations et les projets destinés aux
citoyens.
De constants retours d’expérience, qui répondent aux idées et aux
remarques des citoyens sont extrêmement importants pour établir
l’efficacité des services qui leur sont destinés, ainsi que pour assurer
des améliorations itératives au fil du temps et pour maintenir des
services pertinents, adaptés à une population changeante.

L’implication du public
Une implication efficace, constructive et collaborative du public
enrichi grandement la capacité du gouvernement à intégrer le ressenti et
la connaissance des citoyens à sa politique et à ses projets. Les
stratégies d’implication du public fonctionnent mieux quand elles sont
soutenues par un développement communautaire fort, un contrat clair et
exécuté de façon collaboratif, un véritable interêt envers les
contributions des autres, et un processus facile a appréhender pour
s’assurer de l’implication du plus grand nombre.
Fondamentalement, nous nous dirigeons pour l’instant vers une période de co-définition de la gouvernance et de la démocratie.

Le logiciel libre et les gouvernements
Le logiciel libre a fourni un modèle naturel pour beaucoup
d’initiatives d’Open Gouvernment, du fait de l’utilisation largement
répandue de standards ouverts, de sa capacité de déploiement rapide, de
la grande communauté de développeurs autour du logiciel libre et du
support autour des logiciels tels que Drupal ou WordPress, ainsi que de
la compétitivité – et donc durabilité – du support commercial autour des
projets libres, et, en fin de compte, de la similarité des valeurs et
des pratiques entre le logiciel libre et l’Open Government.

Conclusion
Pour conclure, l’Open Government et le gouvernement 2.0 représentent
tous les deux un idéal. Ils représentent un objectif à atteindre mais
cela ne se fera pas avec un simple changement politique. Instaurer un
tel gouvernement ouvert est forcément un défi constant et évolutif, et
ceux qui sont familier avec l’open source savent ce qu’est la différence
entre un idéal et le fait de faire avec la réalité.
Les gouvernements ne comprendront pas tout cela parfaitement et à
chaque fois, mais nous sommes dans une période passionnante en ce qui
concerne la culture libre, et à voir la position de gouvernements comme
celui de l’Australie soutient activement l’ouverture par sa politique,
sa législation et les projets qu’il a mis en place, nous nous devons de
persévérer et de soutenir partout ces progrès.
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source : OpenSource.com
auteur : Pia Waugh
Traduit par:http://www.fhimt.com

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