France se dit d'accord pour une réforme du
franc CFA avant la fin de l’année. Réforme qui donnerait à terme naissance à
une nouvelle monnaie "l’Éco", qui devrait entrer en vigueur en 2020
dans quinze États d’Afrique de l’Ouest. Huit pays vont abandonner le franc CFA
et les sept autres leur monnaie nationale.
« En 2020, l’ECO, la nouvelle monnaie adoptée
par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO),
remplacera le Franc CFA, mais il n’y aura pas de changement immédiat de parité
avec l’euro », a précisé le président Alassane Ouattara, au terme de la
21ème Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et
monétaire ouest africaine (UEMOA).
« Si l'ECO venait à être adoptée en 2020, il
n'y aura pas de changement de parité entre le franc CFA devenu ECO et l'euro.
Aujourd'hui le taux de change de l'Euro par rapport au franc CFA est de 655,9
FCFA. Si les chefs d'État décidaient d'ici l'an prochain de changer le franc
CFA en l'ECO parce que nous avons respecté tous les critères de convergence, le
taux de change ne changera pas dans l'immédiat », a-t-il déclaré lors
du point de presse, rapporte APA.
Sept chefs d'État sur huit que compte l’UEMOA, ont pris
part à ce sommet. Il s'agit des présidents Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire),
Christian Kaboré (Burkina Faso), Faure Gnassingbé (Togo), Mahamadou Issoufou
(Niger), Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Patrice Talon (Bénin) et Macky Sall
(Sénégal).
Le Franc CFA, Fabriqué en France et utilisé en
Afrique. Aujourd’hui présent dans 15 pays africains.
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La
communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui comprend
le Cameroun, la Centrafrique, la République du Congo, le Gabon, la Guinée
équatoriale et le Tchad.
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L’union économique et monétaire
ouest-africaine (UEMOA) qui regroupe le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina
Faso, le Mali, le Niger, le Togo, le Bénin et la Guinée-Bissau.
L’acronyme
CFA signifie désormais « coopération financière en Afrique » pour la première
union monétaire et « communauté financière africaine » pour la seconde union
monétaire. Le franc CFA est également utilisé aux Comores.
Devons-nous
lutter pour une nouvelle monnaie ou la suppression des accords liants le Franc
CFA et le trésor Français ? Voyons ce que dit les accords :
Créé en 1945, le
franc CFA est aujourd’hui rattaché à l’euro, à un taux de change fixe et suit
les variations de la monnaie unique. Et pour garantir cette parité fixe, les
pays de la « zone franc » doivent déposer 50 % de leurs réserves de change au
Trésor français.
« Il existe
un accord entre le Trésor français et les banques centrales africaines des deux
unions monétaires », explique l’économiste Samuel Guérineau, spécialiste
d’économie du développement au CERDI (Université Clermont Auvergne).
Concrètement, les banques centrales africaines ont un compte auprès du Trésor
français : si elles ont besoin d’euros, le Trésor français leur prête. « C’est
une autorisation de découvert, qui donne accès à un financement d’urgence »,
résume Samuel Guérineau.
Kako Nubukpo,
économiste togolais et auteur du livre : « Sortir l’Afrique de
la servitude monétaire » et de « L'Urgence africaine : Changeons le
modèle de croissance ! » Paru en septembre 2019. À qui profite le
franc CFA ? Avançait lui aussi d’autres explications dans les colonnes
du Monde, en septembre 2016. « Nous souffrons d’une mauvaise gouvernance
chronique et il faut sortir de la « protection » qu’offre le CFA. Il a un effet
anesthésiant car même en gérant mal les économies, les gouvernants sont sûrs
que Paris sera toujours là pour couvrir leurs errements », expliquait-il alors.
Avant de soulever un autre élément lié à l’enrichissement des élites africaines
: « Puisqu’il n’y a pas de limites à la convertibilité, les élites locales ont
tout loisir de placer leur argent sur un compte étranger ou d’acheter un appartement
parisien. C’est le point central ».
Un sujet très « sensible » en France
La question du franc
CFA alimente également le débat dans l’Hexagone. Un sujet sensible et
indissociable du passé colonial de la France. Lors de son dernier déplacement
au Tchad, en pleine campagne présidentielle, Marine Le Pen avait déclaré « les
plaintes des États africains qui considèrent par principe qu’ils doivent avoir
leur propre monnaie et que le franc CFA est un inconvénient à leur
développement économique ». Elle ajoutait alors : « Je suis tout à fait
d’accord avec cette vision », déclarant son intention de rompre avec la
politique de la « Françafrique ».
Un peu plus tard, en
avril, l’ancien ministre de l’Économie Michel Sapin avait également abordé
le sujet à Abidjan, en Côte d’Ivoire, à l’issue d’une réunion avec ses
homologues d’Afrique de l’ouest et centrale de la « zone franc ». « Le franc
malgré son nom est la monnaie des Africains, ce n’est plus la monnaie de la
France, il a disparu en Europe. Sur toutes ces questions-là, c’est aux
Africains de se prononcer et ce n’est pas à nous de le faire à leur place »,
avait-il déclaré.
Quant à Emmanuel
Macron, sa dernière intervention sur le sujet : « Le choix (d’abandonner
ou non le franc CFA, NLDR) appartient d’abord aux Africains eux-mêmes. Je note
qu’en général les gouvernements africains restent, avec raison, attachés aux
deux espaces monétaires (Afrique centrale et Afrique de l’Ouest) qui
constituent la zone du franc CFA et qui contribuent à la stabilité économique
et à l’intégration régionale. Je serai entièrement à l’écoute des souhaits de
nos partenaires dans ce domaine de coopération exemplaire », avait-il
dit dans les colonnes de Jeune Afrique.
Mais Samuel
Guérineau semble contredire macron « La zone franc est aussi un instrument
d’influence qui donne du pouvoir à l’État français. C’est du « soft-power » et
ça maintient une relation particulière avec l’Afrique ». Pour rappel, des
représentants français sont présents dans les organes des banques centrales
africaines même s’ils sont peu nombreux – un ou deux – et n’ont pas de droit de
veto.
En ce qui concerne mon avis personnel sur la
question du franc CFA, la question du franc CFA et son abandon remonte dans les
années 1960 et a coûté la vie à plusieurs dirigeants Africans.
Si l’Afrique de
l’Ouest adopte en 2020 l’Eco à la place du franc CFA, sans renoncer l’accord
qui lie le franc CFA et le trésor français, alors c’est juste un Changement de
nom que les luttes anti franc CFA ont obtenu. Convergeons nos luttes sur le
renoncement des accords qui lient le franc CFA et le trésor français car c’est
ces accords qui posent problème et non le nom franc CFA.

