L’Afrique face aux défis de l’éducation
“L’éducation est l’arme la plus
puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde”, déclarait Nelson Mandela lors d’un discours à Mexico en
2007. Pourtant, l’Afrique continent en quête d’évolution
reste à la traine. Ceci, malgré les progrès réalisés en terme
d’éducation et de scolarisation sur le berceau de l’humanité.
En effet, sur 10 pays qui affichent les plus faibles taux
d’alphabétisation dans le monde, 7 se trouvent en Afrique. Ces
statistiques sont révélatrices de carences structurelles en
matière d’éducation sur le continent. Quel est l’état des
lieux de l’éducation en Afrique? Quelles sont les causes de cette
carence éducative ?
L’Afrique à l’école des réformes
Tout le
monde s’accorde sur l’urgence de mieux instruire les enfants du
monde. De l'intelligentsia du monde au cancre en passant par les
élèves, l’on s’accorde tous sur le principe. Pourtant en
Afrique, l’éducation semble être reléguée au second plan.
Selon une étude réalisée en 2015 par l’Institut des
statistiques de l’Unesco, l’Afrique subsaharienne dépense
16,9% de ses ressources dans l’éducation. Une dépense nettement
inférieure au 44,9 milliards de dollars affectés à l’armée
en 2013. Ainsi, pour améliorer le financement de l’éducation
dans le monde et en Afrique, la
3e
conférence de reconstitution des Fonts du Partenariat mondial pour
l’éducations’est
tenue le 02 février 2018 à Dakar au Sénégal. Cette
conférence avait pour objectif de mobiliser 3,1 milliards de
dollars pour la période 2018 – 2020. Ceci en vue de soutenir
l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en
développement dans lesquels vivent 78 % des enfants non scolarisés
dans le monde, dont plus de la moitié vivent en Afrique
subsaharienne.
Améliorer les politiques d'éducation
Pour une meilleure éducation des enfants, il est
nécessaire en plus des financements d’élaborer des
stratégies et des politiques d’éducation. En d’autres
termes, les gouvernements africains doivent montrer aux parents
l’importance de l’éducation et la nécessité de la
scolarisation de leurs enfants. Ils doivent s’assurer de la bonne
répartition des écoles dans le pays, de la disponibilité du
matériel pour le corps enseignant et garantir une qualité minimale
d’éducation en vue de développer les compétences fondamentales
des élèves. Pour se faire ils doivent multiplier les
investissements et les partenariats publics et privés dans le
domaines de la scolarisation. À l’ONU, en septembre 2017,
le président français Emmanuel Macron avait insisté : "la
première des priorités est d’investir dans l’éducation, parce
que c’est par l’éducation que nous gagnerons cette bataille
contre l’obscurantisme, celle qui est aujourd’hui en train de
faire basculer des régions entières, en Afrique comme au Proche et
Moyen-Orient ". Pour garantir l’éducation de tous, les Etats
africains se sont tournés vers le secteur privé. Ainsi au Bénin
comme au Cameroun, on voit se multiplier les écoles privées pour
pallier aux insuffisances du système public et répondre à la
demande sociale.
Améliorer l’accès à l’éducation
des filles
“Après le pain, l'éducation est le premier
besoin d'un peuple” disait Danton. Pourtant, en Afrique,
l’accès à l’éducation reste inégale en matière de genre.
Selon l’Ong One, les femmes représentent deux tiers des 750
millions d'adultes africains illettrés. Grossesses et mariages
précoces, blocages culturels, pressions familiales, harcèlement
sexuel aussi bien à l'école que sur le trajet, obligent encore une
majorité de jeunes filles à abandonner leurs études en cours de
cursus. Selon Human Rights Watch, 40 millions des deux tiers des
femmes illettrées n'ont pas accès à l'enseignement primaire
et secondaire en Afrique subsaharienne (dont 31 millions dans le
secondaire). Une situation qui, selon l’Ong réduit l’opportunité
pour ces jeunes filles d'insertion sociale et professionnelle.
L’étude de Human Rights Watch révèle également que
lorsqu’elles parviennent à atteindre l'enseignement supérieur,
elles y demeurent sous-représentées, en particulier dans les
domaines scientifiques et technologiques. Pour palier la situation,
le 28 novembre 2017, lors de sa visite au Burkina Faso, le président
Emmanuel Macron réaffirmait son engagement de faire de l'éducation
de la fille en Afrique une priorité. « L’éducation des jeunes
fillessera au cœur de ce projet. (…) Je serai aux côtés de tous
les chefs d'État et de gouvernements africains qui feront le choix
de la scolarisation obligatoire des jeunes filles. Je défendrai
leur choix et je demanderai à l'Agence française de développement
(AFD) de soutenir en priorité les programmes visant à la
scolarisation des jeunes filles », a-t-il précisé,
indiquant que les ambassades françaises auront "l'objectif
d'attribuer des bourses d'études en France en priorité à des
jeunes filles".
Adapter l’éducation au marché de
l’emploi
En Afrique subsaharienne, la moitié de la
population a moins de 25 ans et quelques 11 millions de jeunes
africains font chaque année leur entrée sur le marché du
travail. Pourtant, un emploi stable, bien rémunéré, reste
souvent un rêve inaccessible, même pour les jeunes instruits comme
le révèle un rapport de l’Organisation internationale du travail
(OIT). Pour palier le problème, certains experts pensent qu’il
serait important d’adapter l’enseignement aux besoins du marché
de l’emploi. Dans un communiqué publié en 2014 par la Banque
Mondiale, Deon Filmer, économiste principal à la Banque Mondiale
expliquait que : “les pouvoirs publics doivent aborder le défi de
l’emploi des jeunes sous deux angles : ils doivent non seulement
œuvrer à améliorer le climat des affaires mais aussi investir
dans l’éducation et la formation des jeunes pour leur offrir de
meilleures perspectives d’avenir”. Selon Makhtar Diop,
vice président de la Banque Mondiale, “rendre l’éducation
scientifique et technologique plus accessible aux jeunes africains
et mieux adapter l’enseignement supérieur aux besoins du marché
du travail constituent désormais des priorités pour de nombreux
pays d’Afrique. De nouveaux partenaires de développement comme la
Chine, l’Inde et le Brésil s’attachent, en partenariat avec la
Banque mondiale, à développer des formations scientifiques pour
les jeunes Africains”.
Source :https://www.africa24tv.com

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