mercredi 15 août 2018

NECESSITE D'UNE REFORME EDUCATIVE EN AFRIQUE






L’Afrique face aux défis de l’éducation

“L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde”, déclarait Nelson Mandela lors d’un discours à Mexico en  2007. Pourtant, l’Afrique continent en quête d’évolution reste à la traine. Ceci, malgré les progrès réalisés en terme d’éducation et de scolarisation sur le berceau de l’humanité.  En effet, sur 10 pays qui affichent les plus faibles taux d’alphabétisation dans le monde, 7 se trouvent en Afrique. Ces statistiques sont révélatrices de carences structurelles en matière d’éducation sur le continent. Quel est l’état des lieux de l’éducation en Afrique? Quelles sont les causes de cette carence éducative ? 


L’Afrique à l’école des réformes
Tout le monde s’accorde sur l’urgence de mieux instruire les enfants du monde. De l'intelligentsia du monde au cancre en passant par les élèves, l’on s’accorde tous sur le principe. Pourtant en Afrique, l’éducation semble être reléguée au second plan. Selon une étude réalisée en 2015 par l’Institut des statistiques de l’Unesco, l’Afrique subsaharienne  dépense 16,9% de ses ressources dans l’éducation. Une dépense nettement inférieure au 44,9 milliards de dollars  affectés à l’armée en 2013. Ainsi, pour améliorer le financement de l’éducation dans le monde et en Afrique, la 3e conférence de reconstitution des Fonts du Partenariat mondial pour l’éducations’est tenue le 02 février 2018 à Dakar au Sénégal.  Cette conférence avait pour objectif de mobiliser 3,1 milliards de dollars pour la période 2018 – 2020. Ceci en vue de soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement dans lesquels vivent 78 % des enfants non scolarisés dans le monde, dont plus de la moitié vivent en Afrique subsaharienne.
Améliorer les politiques d'éducation
Pour une meilleure éducation des enfants, il est nécessaire en plus des financements  d’élaborer des stratégies et des politiques d’éducation. En d’autres termes, les gouvernements africains doivent montrer aux parents l’importance de l’éducation et la nécessité de la scolarisation de leurs enfants. Ils doivent s’assurer de la bonne répartition des écoles dans le pays, de la disponibilité du matériel pour le corps enseignant et garantir une qualité minimale d’éducation en vue de développer les compétences fondamentales des élèves. Pour se faire ils doivent multiplier les investissements et les partenariats publics et privés dans le domaines de la scolarisation.  À l’ONU, en septembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait insisté : "la première des priorités est d’investir dans l’éducation, parce que c’est par l’éducation que nous gagnerons cette bataille contre l’obscurantisme, celle qui est aujourd’hui en train de faire basculer des régions entières, en Afrique comme au Proche et Moyen-Orient ". Pour garantir l’éducation de tous, les Etats africains se sont tournés vers le secteur privé. Ainsi au Bénin comme au Cameroun, on voit se multiplier les écoles privées pour pallier aux insuffisances du système public et répondre à la demande sociale.
Améliorer l’accès à l’éducation des filles
“Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple” disait Danton.  Pourtant, en Afrique, l’accès à l’éducation reste inégale en matière de genre.  Selon l’Ong One, les femmes représentent deux tiers des 750 millions d'adultes africains illettrés. Grossesses et mariages précoces, blocages culturels, pressions familiales, harcèlement sexuel aussi bien à l'école que sur le trajet, obligent encore une majorité de jeunes filles à abandonner leurs études en cours de cursus. Selon Human Rights Watch, 40 millions des deux tiers des femmes illettrées  n'ont pas accès à l'enseignement primaire et secondaire en Afrique subsaharienne (dont 31 millions dans le secondaire). Une situation qui, selon l’Ong réduit l’opportunité pour ces jeunes filles d'insertion sociale et professionnelle. L’étude de Human Rights Watch révèle également que lorsqu’elles parviennent à atteindre l'enseignement supérieur, elles y demeurent sous-représentées, en particulier dans les domaines scientifiques et technologiques. Pour palier la situation, le 28 novembre 2017, lors de sa visite au Burkina Faso, le président Emmanuel Macron réaffirmait son engagement de faire de l'éducation de la fille en Afrique une priorité. « L’éducation des jeunes fillessera au cœur de ce projet. (…) Je serai aux côtés de tous les chefs d'État et de gouvernements africains qui feront le choix de la scolarisation obligatoire des jeunes filles. Je défendrai leur choix et je demanderai à l'Agence française de développement (AFD) de soutenir en priorité les programmes visant à la scolarisation des jeunes filles  », a-t-il précisé, indiquant que les ambassades françaises auront "l'objectif d'attribuer des bourses d'études en France en priorité à des jeunes filles".
Adapter l’éducation au marché de l’emploi
En Afrique subsaharienne, la moitié de la population a moins de 25 ans et quelques 11 millions de jeunes africains font chaque année leur entrée sur le marché du travail.  Pourtant, un emploi stable, bien rémunéré, reste souvent un rêve inaccessible, même pour les jeunes instruits comme le révèle un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT). Pour palier le problème, certains experts pensent qu’il serait important d’adapter l’enseignement aux besoins du marché de l’emploi. Dans un communiqué publié en 2014 par la Banque Mondiale, Deon Filmer, économiste principal à la Banque Mondiale expliquait que : “les pouvoirs publics doivent aborder le défi de l’emploi des jeunes sous deux angles : ils doivent non seulement œuvrer à améliorer le climat des affaires mais aussi investir dans l’éducation et la formation des jeunes pour leur offrir de meilleures perspectives d’avenir”.  Selon Makhtar Diop, vice président de la Banque Mondiale, “rendre l’éducation scientifique et technologique plus accessible aux jeunes africains et mieux adapter l’enseignement supérieur aux besoins du marché du travail constituent désormais des priorités pour de nombreux pays d’Afrique. De nouveaux partenaires de développement comme la Chine, l’Inde et le Brésil s’attachent, en partenariat avec la Banque mondiale, à développer des formations scientifiques pour les jeunes Africains”.




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