En 1914, du fait de l'essor des empires coloniaux, le « continent
noir » ne comptait plus que deux États souverains, l’Abyssinie (ou
Éthiopie) et le Liberia. Depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre d'États
africains indépendants n'a cessé d'augmenter, passant de 4 en 1945 à 27 en
1960, pour atteindre 53 en 1993 et 54 en 2011 (non inclus le Sahraouie et le Somaliland).
Les États africains ont-ils échoué dans la construction de
leur nation ? Manifestement OUI. On n’entend parler de nation que dans les
discours politiques, la fibre patriotique et nationaliste n’est palpable que
lors des victoires des équipes nationales de football pour ne citer que
celles-là… La vie politique n’inspire plus confiance, surtout en prenant en
compte le rôle prépondérant des armées à la solde des clans présidentiels,
n’hésitant pas à retourner leurs armes contre leurs propres concitoyens et à
renverser des présidents démocratiquement élus, au lieu d’être des armées
impartiales et républicaines. Tous ces éléments expliquent bien le climat
délétère qui règne sur les pays à l’approche des élections. Paradoxalement,
l’adhésion des États africains aux instruments régionaux et internationaux
allant dans le sens de la consolidation de la démocratie et de la sauvegarde
des droits humains ne tarit pas, leur application constitue donc le véritable
enjeu sinon le défi de la démocratisation des sociétés africaines.

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